Pourquoi Malte
Il y a quelque chose d'irrationnel dans la densité de Malte. Sur 316 km² de calcaire doré, cet archipel méditerranéen au sud de la Sicile a accumulé 7 000 ans d'histoires superposées : des temples néolithiques de Ggantija, plus vieux que Stonehenge et les pyramides d'Égypte, aux fortifications baroques des Chevaliers de Saint-Jean qui résistèrent au siège ottoman de 1565, jusqu'aux cicatrices du Blitz qui frappa l'île avec une intensité comparable à Londres. Chaque rue de La Valette, chaque ruelle de Mdina est une strate à déchiffrer.
Ce qui frappe en arrivant, c'est la pierre. Une seule, partout : le calcaire corallien local, dit « globigerine », qui prend selon l'heure une teinte allant du blanc crème au miel sombre. Les fortifications, les palais, les maisons, les escaliers : tout est taillé dans ce matériau unique. La lumière méditerranéenne en fait une palette de tableaux différents toutes les heures. La Valette, Capitale européenne de la Culture en 2018, concentre à elle seule plus de monuments classés au kilomètre carré que n'importe quelle autre ville d'Europe.
Et puis il y a la mer. Le Blue Lagoon de Comino, avec ses eaux turquoise d'une transparence confondante, est l'une des images les plus partagées de Méditerranée. Pas sans raison : la visibilité atteint 30 mètres, les fonds sont peuplés de mérous, de pieuvres et d'épaves de la Seconde Guerre mondiale. À 2h30 de Paris, sans visa, en euros, sans décalage horaire : Malte est probablement le voyage qu'on aurait dû faire depuis longtemps.

















