Pourquoi la Macédoine du Nord
Il y a des destinations qui corrigent les idées reçues. La Macédoine du Nord en fait partie. Coincée entre Grèce, Bulgarie, Serbie, Kosovo et Albanie, cette petite République balkanique de deux millions d'habitants est restée longtemps dans l'ombre de ses voisins. À tort. Car ce pays concentre, sur un territoire grand comme la Belgique, une richesse culturelle et naturelle qui dépasse largement sa réputation discrète.
Le lac d'Ohrid, d'abord. Ce sont 30 millions d'années d'histoire géologique, 289 mètres de profondeur, une eau d'une clarté que l'on n'attendrait pas si loin de la mer. Autour, 365 églises byzantines selon la légende (une pour chaque jour de l'année), des maisons ottomanes blanches accrochées à la pente, et l'église Saint-Jean-de-Kaneo posée sur son promontoire rocheux comme une enluminure médiévale. Double patrimoine UNESCO, culturel et naturel. Un des grands lacs du monde, ignoré de la plupart des Européens.
Skopje ensuite, la capitale, qui assume son étrangeté avec une fierté désarmante. Le projet Skopje 2014 a recouvert le centre d'une avalanche de statues néoclassiques, de fontaines illuminées et d'arcs de triomphe qui font sourire autant qu'ils surprennent. Juste derrière ce décor baroque, le vieux bazar ottoman respire encore : artisans, cafés turcs, mosquée du XVe siècle, et la montagne Vodno qui veille sur tout cela avec sa croix de métal illuminée.
Et puis la nature. Le canyon de Matka, ses gorges verticales et ses grottes sous-marines à 17 kilomètres du centre-ville. Le parc national de Mavrovo, ses forêts de pins et son église à demi immergée dans un lac artificiel, silhouette fantomatique qui semble sortie d'un conte. Une Macédoine du Nord que très peu de Français ont encore eu la chance de voir.













