Pourquoi l'Albanie
Il y a des destinations qui vous prennent par surprise. L'Albanie en est le meilleur exemple : on croyait partir vers un pays encore fermé sur lui-même, et on découvre une côte ionienne aux eaux aussi transparentes que la Grèce d'à côté, des cités ottomanes classées par l'UNESCO que personne ne bouscule encore, et des Alpes sauvages où les aigles planent au-dessus des torrents. Le tout à deux heures de Paris, et pour un prix qui rend le voyage presque indécent.
L'Albanie a traversé le XXe siècle dans une bulle. Quarante ans de communisme autarcique sous Enver Hoxha, 700 000 bunkers de béton construits pour résister à une invasion qui ne vint jamais, un pays coupé du monde puis brutalement ouvert dans les années 1990. Ce passé est partout, dans les bunkarts de Tirana transformés en musées, dans les maisons-tours de Gjirokastër qui servaient de refuges lors des vendетtas, dans les ruines romaines de Butrint qu'on visite presque seul. Mais ce qui frappe, c'est la légèreté avec laquelle les Albanais portent tout cela : peuple chaleureux, hospitalité sincère, fierté tranquille.
La vraie révélation, c'est la diversité du territoire. En une journée de route, on passe des plages de galets blancs de Ksamil, où l'eau change de couleur toutes les heures, aux ruelles pavées de Gjirokastër où le temps s'est arrêté. En une semaine supplémentaire, les Alpes albanaises offrent un trek parmi les plus beaux des Balkans, entre villages de pierre et sommets à plus de 2 600 mètres. L'Albanie n'est pas une destination. C'est plusieurs destinations superposées.















